Une enquête canadienne vient de révéler que les enfants scolarisés sont beaucoup plus sujets aux allergies. En cause : un retardement à l’introduction d’aliments allergènes dans leur assiette et des habitudes hygiéniques trop poussées. Depuis 20 ans, le nombre d’allergies alimentaires ne cesse d’augmenter.

Une étude canadienne, menée par le Dr Moshe Ben-Shoshan du Département d’allergie-immunologie de l’Hôpital de Montréal, vient d’être publiée dans le Journal of Allergy. Testée sur près de 10 000 enfants, elle avait pour but de déterminer leurs facteurs démographiques (âge, sexe, lieu de résidence et niveau de scolarité), génétiques et environnementaux, afin de déterminer si une corrélation entre ces données pourrait expliquer l’apparition d’allergies alimentaires. L’enquête révèle que les enfants citadins développent plus facilement une allergie et que les allergies aux noix, noisettes et amandes (les plus courantes) sont deux fois plus fréquentes chez les enfants scolarisés. Pour expliquer cela, les auteurs de l’étude avancent plusieurs hypothèses.

Trop d’hygiène favorise l’allergie

« L’hypothèse hygiénique est celle qui attire le plus l’attention, car elle impute l’augmentation des allergies dans les pays développés au style de vie : au fait que les enfants y sont plus souvent vaccinés et traités aux antibiotiques, qu’ils sont moins exposés aux animaux domestiques et de ferme, et qu’ils ont moins d’infections en jeune âge. Des études ont montré que les familles qui ont plus de deux animaux (chats ou chiens) à la maison présentent souvent moins d’allergies de toutes sortes, que les personnes qui ont été exposées à de nombreuses infections durant la petite enfance sont moins susceptibles de souffrir d’allergies, et que les membres de familles nombreuses sont généralement moins victimes d’allergie. Bien sûr, ces associations ne sont pas prouvées », explique le Dr Ben-Shoshan.

Selon les auteurs de l’étude, le style de vie jouerait aussi pour beaucoup dans le développement des allergies. Ainsi, une faible consommation d’aliments riches en acides gras oméga 3, une exposition à une trop forte quantité de vitamine D ou encore les différentes manières de préparer les aliments contribuent à l’apparition d’allergies alimentaires. Ils notent également que dans les familles d’immigrants, le développement d’allergies varie en fonction de leur durée de séjour dans un pays occidentalisé.

Des aliments allergènes tardifs

Mais l’explication sur laquelle les auteurs de l’enquête s’appuient le plus est celle qui démontre que les parents dont les enfants sont scolarisés ont tendance à retarder l’introduction d’aliments allergènes (tels que les noix ou les fruits de mer) dans leurs assiettes, ce qui augmenterait leur taux d’allergie. « Autrefois, on affirmait que les arachides, les fruits de mer et autres aliments potentiellement allergènes ne devraient pas être introduits dans l’alimentation d’un enfant avant l’âge de trois ans, afin que le système immunitaire de l’enfant soit suffisamment mature pour faire face à ces aliments. Or, de plus en plus d’études suggèrent que le fait de retarder l’introduction de tels aliments ne réduit pas le taux d’allergies, et peut même l’augmenter », souligne le Dr Ben-Shoshan. De ce fait, des personnes possédant un même bagage génétique, peuvent présenter des taux d’allergies différents, en fonction de leurs habitudes alimentaires.

Pour terminer, l’étude explique que si le nombre d’allergies est plus élevé chez les enfants scolarisés, c’est aussi parce que leurs parents sont plus aptes à reconnaître les symptômes et à consulter un allergologue, contrairement aux familles d’immigrants qui sont moins renseignées.

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