Actuellement en cours d’expérimentation sur quelques départements, le programme d’accompagnement du retour au domicile des jeunes mamans (PRADO) suscite l’inquiétude de l’Académie de médecine. Celle-ci souhaite une réelle évaluation de ce programme avant sa généralisation.

L’Académie de médecine met en garde contre les sorties trop précoces des maternités que le programme d’accompagnement du retour au domicile (Prado) encourage. Fin décembre, la Cnam (caisse nationale d’assurance maladie) annonçait l’extension de ce programme à l’ensemble de la France dans le courant de l’année 2012.Ce dispositif qui est déjà expérimenté dans plusieurs départements en France limite le nombre de jours à la maternité et prévoit un suivi à domicile par des sages-femmes libérales.

Mise en garde 

L’Académie de médecine demande que ces premières expérimentations soient minutieusement évaluées avant toute généralisation du programme. Les médecins expliquent alors que les premiers jours après l’accouchement représentent une période cruciale. Les mères et les nouveaux-nés ont besoin d’un temps d’adaptation physiologique complexe et d’une surveillance médicale continue. Les professeurs Roger Henrion et Paul Vert estiment ainsi que « le retour au domicile systématique avant trois jours révolus n’est pas souhaitable ». Le programme prévoit deux visites de sages-femmes par semaine. Mais pour les médecins ce chiffre est insuffisant. Ils demandent plus d’encadrement médical.

Malaise des maternités

Dans l’hexagone, la durée moyenne d’un séjour en maternité est de 4,4 jours (contre une moyenne de 3,2 dans les pays de l’OCDE*). Selon une étude de la DRESS**, une femme sur cinq se sent mal accompagnée et souhaiterait avoir plus de conseils les premiers jours suivant la naissance. Il est d’ailleurs constaté que de plus en plus de maternités écourtent les séjours des jeunes mères par manque de lit et de personnel. C’est dans l’objectif de réaliser des économies et d’offrir un meilleur suivi aux jeunes mamans, qu’en 2010 l’assurance maladie avait lancé Prado.

Expérience et résultats 

Depuis 2010, 80% des femmes enceintes sollicitées ont participé à l’expérimentation de ce programme, ce qui représente environ 4000 patientes. Selon une évaluation menée douze jours après l’accouchement, 87% d’entre elles sont satisfaites. La Cnam précise que seules les mères qui le souhaitent et qui ne présentent pas de contre-indication médicale pourront adhérer à Prado.

* OCDE: Organisation de coopération et développement économique
** DRESS: Direction de la recherche, des études, de l’éducation et des statistiques

Retrouvez tous nos articles sur notre site, ici.

Publicités