L’institut national d’études démographiques publie une étude basée sur des informations administratives concernant 735 accouchements sous X. En identifiant les caractéristiques sociodémographiques de ces femmes, l’étude souligne qu’il n’y a pas de réel profil type.

Accoucher dans le secret n’est pas un droit répandu dans les pays occidentaux, puisque seuls le Luxembourg, l’Italie, la République Tchèque et la France permettent aux femmes de taire leur identité sur l’acte de naissance. Le nombre d’accouchements sous x augmente depuis 2005. Il est passé de 588 naissances à 700 en 2010. L’institut national d’études démographiques (INED) a ainsi mené une étude en rassemblant plusieurs informations administratives concernant 735 accouchements sous x entre juillet 2007 et juin 2009 dans 83 départements. Elle permet de connaître les caractéristiques sociodémographiques et le contexte de grossesse de ces femmes. Les résultats montrent alors qu’il n’y a pas de profil type de femmes qui accouchent sous x mais certains facteurs sont récurrents.

Toutes concernées

L’âge moyen des femmes qui accouchent dans le secret est de 26 ans, soit quatre ans de moins que la moyenne en France. 11% des femmes concernées sont mineures et 18% ont entre 18 et 20 ans. On ne peut cependant pas se limiter à cette moyenne puisqu’un tiers de ces femmes a plus de 30 ans et 16% ont au moins 35 ans. En effet, si 49% des femmes qui accouchent sous x sont primipares, 51% ont déjà eu un ou plusieurs enfants.

Des situations fragiles

Le jeune âge des femmes n’étant pas significatif dans les accouchements sous x, la situation familiale semble, en revanche, assez caractéristique puisque huit femmes sur dix ne vivent pas en couple et seulement 15% vivent avec le père biologique. L’absence d’autonomie financière dans les trois quarts des cas est un facteur déterminant. 31% d’entre elles vivent chez leurs parents, 27% sont élèves ou étudiantes, 15% sont inactives, 10% sont au chômage et 9% ont des emplois précaires ou à temps partiel. Seulement 24% des femmes qui ont recours à l’accouchement sous x ont un emploi relativement stable.

Grossesse trop avancée

En plus des difficultés financières et familiales, se greffe souvent la découverte trop tardive de la grossesse. En effet, l’Ined estime que plus de huit femmes sur dix ont appris qu’elles étaient enceintes au-delà du délai légal pour l’IVG en France. Par ailleurs, parmi les différentes raisons évoquées par les mères, la décision d’accoucher dans le secret est liée à 43% au comportement ou à l’absence du père biologique. C’est le motif le plus fréquent.

Une fois l’accouchement passé, les mères ont un délai légal de deux mois pour changer d’avis. Sur les 735 femmes, 14% ont repris l’enfant. En ce qui concerne les autres, 54% laissent une trace de leur identité dans le dossier et 46% ne laissent aucun élément.

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