Jeudi 12 janvier, l’AFEV publiait son pacte contre l’échec scolaire signé par 52 représentants de la société civile et 8 organisations dont les principaux syndicats enseignants. Ce pacte citoyen liste les raisons de l’échec scolaire en France et affiche clairement ses enjeux.

En pleine période de campagne présidentielle, l’association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) lance un appel aux hommes politiques par le biais d’un pacte signé notamment par Marcel Rufo, Axel Kahn… En partenariat avec le journal Libération et l’entreprise de sondage France Ifop, l’association dresse un bilan peu réjouissant de l’école en France. En septembre, l’Afev a mené une étude auprès de 600 familles dans les quartiers populaires dans lesquels elle est active, en posant la question suivante aux parents : « Si vous pouviez changer quelque chose à l’école, que changeriez-vous ? ». Les trois grandes préoccupations les plus citées sont la possibilité pour les enfants ayant des faiblesses de réussir, la gestion des tensions entre les élèves et enfin de savoir comment mieux aider son enfant.

L’échec scolaire

Malgré son rang de 5ème puissance mondiale, notre pays ne brille pas sur le plan scolaire. Le taux d’élèves en grande difficulté est passé de 15 à 20% entre 2000 et 2009. On observe en parallèle un mal-être vis-à-vis de l’école, 30% des enfants y vont en étant angoissés. L’OCDE classe ainsi la France 22ème sur 25 concernant le bien-être à l’école. Ce malaise serait largement responsable de l’échec scolaire. Lequel se traduit aujourd’hui par la sortie du système scolaire de 150 000 jeunes. Face à un système exigent de « sélection » auquel sont confrontés les élèves aujourd’hui, l’Afev souhaite un modèle de « promotion » qui permettrait à un enfant, quels que soient ses difficultés et son milieu social, d’accéder à un niveau de formation suffisant pour s’insérer dans la vie sociale et professionnelle. L’Afev souhaite donner la priorité aux jeunes en fragilité scolaire et sociale et valoriser le développement de l’image positive de soi.

Trois priorités

En premier lieu, l’Afev reproche l’amalgame fait entre effort et souffrance. Les exigences de l’apprentissage sont souvent trop fortes et l’échec conduit souvent à une dévalorisation de soi. En proposant d’intégrer le travail personnel au temps scolaire, l’association souhaite éviter aux enfants en difficulté de se retrouver seuls face à leurs devoirs.
Remplacer le système de notation en école élémentaire par une évaluation fondée sur les compétences générales épargnerait les enfants de la pression subie par l’esprit de compétition.
L’Afev s’est fixé pour deuxième priorité de réinventer le collège unique. La période du collège est pour tout enfant une épreuve et elle est souvent décisive quant à la suite du parcours scolaire. Parce qu’il « cristallise les difficultés du système éducatif français », le collège doit être repensé comme un prolongement de l’école primaire.
Enfin l’Afev met l’accent sur la filière professionnelle. Souvent considéré comme une option par défaut ou une « injustice » et non un choix, l’enseignement professionnel concerne pourtant un tiers des lycéens français. Le manque de motivation réelle explique l’importance du nombre d’élèves qui sortent de ces filières sans diplôme. L’Afev demande une amélioration des conditions d’accueil, un élargissement de l’offre et une modernisation des structures dans les lycées professionnels.

 

Retrouvez tous nos articles sur notre site, ici.

Publicités