Une nouvelle étude canadienne démontre que la rivalité fraternelle dépendrait en partie du climat familial, en particulier de l’attitude de la mère vis-à-vis de ses enfants. Plus celle-ci se montrerait anxieuse et déprimée, plus ils seraient susceptibles de se montrer hostiles les uns envers les autres.

Jennifer Jenkins, professeur en développement et éducation de l’enfant à l’Université de Toronto au Canada, a observé, pendant deux ans, la situation de 118 familles, comptant 301 enfants. 155 d’entre eux ont répondu, par eux-mêmes, à l’étude. Les questions portaient sur la relation fraternelle et l’hostilité qui peut en ressortir, prenant en compte plusieurs cas de figure, notamment celui d’enfants de sexes différents au sein d’une même famille.

Les causes de l’hostilité

 Les résultats de cette étude suggèrent qu’une mère anxieuse ou déprimée (cela concerne 15% des femmes ayant un enfant en bas âge) pourrait accentuer l’hostilité de ses enfants, les uns envers les autres. Jennifer Jenkins explique : « Quand vous êtes déprimé, vous êtes plus irritable, vous expliquez moins les choses à vos enfants, vous êtes moins à l’écoute de leurs besoins. Ces derniers transposent ce qu’ils vivent à leurs autres relations. »

Le second facteur de conflit serait un traitement différent entre les deux enfants : plus un enfant sera défavorisé, plus il se montrera hostile. Cependant, Mme Jenkins souligne : « Traiter ses enfants différemment est parfois justifié puisqu’ils n’ont pas tous le même tempérament ni les mêmes besoins ».

La professeur note aussi que les relations entre deux sœurs sont plus compliquées et plus tendues que les autres. Les relations frère-sœur étant les plus harmonieuses.

Des séquelles sur le long terme

Or ces traitements différenciés peuvent engendrer des séquelles psychologiques pour l’enfant, à long terme. « Quand les différences ne sont pas expliquées – ou inexplicables -, cela envenime les relations entre frères et sœurs, et peut même les hanter à jamais », précise Jennifer Jenkins. « Ils peuvent même contaminer les relations futures. Quand vous êtes élevés dans une famille conflictuelle, ou que vous êtes toujours forcés de lutter pour l’attention, vous êtes plus susceptibles de vous comporter de cette manière à l’extérieur de la famille ».

L’étude dresse un dernier constat, positif, cette fois : si au cours de leur jeunesse, la rivalité domine dans une relation fraternelle, plus les enfants vieillissent, moins leurs relations tendent à être hostiles.

 

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