Dans une étude publiée dans la revue Neuron, le 21 décembre 2011, des chercheurs de l’Inserm et du CNRS démontrent qu’une anomalie cérébrale provoquerait la dyslexie. Le cortex auditif pourrait, en effet, être à l’origine des trois principales manifestations de cette maladie.

Des chercheurs du CNRS et de l’Inserm, travaillant au sein du Laboratoire de neurosciences cognitives, ont publié un rapport le 21 décembre 2011, qui tiendrait une anomalie du cortex auditif pour responsable de la dyslexie. Pour démontrer cela, ils ont mené une expérience sur 44 adultes, dont 23 dyslexiques. À l’aide d’une machine, les chercheurs ont reproduit un son modulé en amplitude, dont le rythme variait linéairement de 10 à 80 Hz, avant d’enregistrer l’activité cérébrale des participants par magnétoencéphalographie.
Grâce à cette méthode, ils ont démontré que la sensibilité du cortex auditif gauche des personnes dyslexiques est réduite lorsque les sons avoisinent les 30 Hz. Ce défaut de sensibilité aux fréquences de modulation expliquerait alors les difficultés de traitement phonologique caractéristique de la maladie.

Une maladie mal connue

En France, 8 à 10% d’écoliers sont atteints de dyslexie. Cette maladie, encore mal connue, est l’expression d’un trouble cognitif, qui se caractérise de trois façons : difficultés à manipuler mentalement des sons émis (la phonologie), difficultés de mémorisation à court terme et un ralentissement de la capacité à nommer des séries d’images. Scientifiquement parlant, une anomalie du développement d’aires cérébrales empêcherait la personne dyslexique de traiter correctement la phonologie et de s’en faire une bonne représentation.
Chez l’enfant, cette maladie se manifeste après le début de l’apprentissage de la lecture. Mélangeant les lettres et les syllabes, le déchiffrage des mots sera plus compliqué, plus hésitant. Certes dérangeante, la dyslexie ne remet pourtant pas en cause l’intelligence de l’enfant. Au contraire, nombre d’entre eux développent d’autres facultés pour compenser ce handicap, que les scientifiques, jusqu’alors, n’arrivaient pas à expliquer clairement.

Une nouvelle approche

Bien que des structures d’aides aient été mises en place en 2002 – avec la formation d’une équipe pédagogique comprenant un instituteur, un médecin scolaire, un orthophoniste et un accompagnement individuel en classe, ces démarches sont loin d’être suffisantes pour les associations de parents d’enfants dyslexiques. Les résultats de cette étude permettront peut-être alors aux professionnels d’aborder cette maladie sous un nouveau jour et de pouvoir épauler au mieux l’enfant en difficulté.

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