Des expériences menées par des chercheurs canadiens et américains sur des bébés âgés de 8 mois, ont montré que les enfants préféraient les personnes qui punissaient ceux qui avaient commis de mauvaises actions, et ce dès le plus jeune âge.

Pour se faire apprécier des enfants, il suffirait d’être juste, quitte à être ferme avec ceux qui n’ont pas un comportement approprié. C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude menée par des chercheurs d’une université canadienne, The University of British Columbia, en collaboration avec des chercheurs de deux universités américaines, Yale et Temple. Ces derniers ont présenté à une centaine d’enfants des marionnettes qui interprétaient quatre scénarios différents. L’expérience s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord, une marionnette en difficulté recevait l’aide d’un personnage tandis que, dans une deuxième expérience, un autre lui compliquait davantage la tâche.
Lors de la deuxième phase, une marionnette offrait une balle à celle qui avait apporté son aide lors de la phase précédente, au détriment de la « méchante » marionnette. Puis, dans le dernier scénario, la marionnette choisissait d’offrir la balle à celle qui s’était mal comportée auparavant plutôt qu’à la gentille marionnette.*

Le mauvais comportement sanctionné

Après que les enfants ont visionné toutes les séquences, les chercheurs leur ont demandé de choisir la marionnette qu’ils préféraient. Ils se sont aperçus que les bambins se tournaient davantage vers la marionnette qui avait sanctionné le comportement déviant du méchant personnage. Même constat avec des bébés plus âgés qui devaient retirer ou donner une friandise à l’une des deux marionnettes présentées. Là encore, les enfants ont sanctionné le mauvais comportement en privant de récompense la méchante marionnette et en en donnant une au personnage qui avait apporté son aide.

Une notion de justice précoce

Ces expériences montrent que, dès leur plus jeune âge, les enfants supportent et encouragent les comportements sanctionnant des personnes qui ont mal agi auparavant. Les chercheurs se sont donc aperçus que les enfants étaient capables de procéder très tôt à des « évaluations sociales complexes ». Selon, l’auteur principal de l’étude, le professeur Kiley Hamlin, « ces trouvailles suggèrent que, dès l’âge de 8 mois, nous nous méfions des gens qui pourraient nous mettre en danger et nous préférons voir les comportements antisociaux réprimés ». Les chercheurs évoquent aussi, sans certitude toutefois, que les réponses des enfants pourraient être une première indication quant à leur façon de supporter et d’agir contre l’injustice en grandissant.

* Retrouvez ces expériences en vidéo sur le site http://cic.psych.ubc.ca/Example_Stimuli.html

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