Une étude réalisée par OpinionWay pour l’Apel (Association des parents d’élèves de l’enseignement libre) révèle que plus de 8 parents sur 10 sont inquiets de la consommation d’alcool des jeunes. Entre contradiction et confusion, ces préoccupations semblent pourtant plus toucher les autres que leur propre cercle familial.

Quelle que soit leur catégorie sociale ou l’âge de leur rejeton, 83% des parents se disent inquiets de la consommation d’alcool des jeunes. Selon les 600 parents interrogés, tous d’enfants et d’adolescents scolarisés, la situation s’est même dégradée : 74% estiment que la consommation des filles a augmenté depuis leur génération, 59% pour celle qui concerne les garçons.

« Les jeunes boivent trop, mais mon enfant non »

Quand on évoque leur enfant en particulier, les chiffres se montrent contradictoires : 85% des parents d’enfants de 12 ans et plus estiment que cette consommation est stable ou a diminué par rapport à la leur au même âge. Seulement 14% considèrent que l’ingurgitation d’alcool est en hausse depuis leur époque. Le foyer apparaît donc comme un rempart où l’on projette ses inquiétudes sur les autres, loin de s’imaginer que sa progéniture peut être elle aussi concernée. Béatrice Barraud, la présidente de l’Apel, constate ainsi que les parents n’ont pas pris « pleinement conscience du phénomène ». D’autant plus que 9 parents sur 10 assurent que l’alcool est un sujet facile à aborder avec leurs enfants.

Recherche d’ébriété et absence de surveillance

L’inquiétude vient en premier lieu du fait que la consommation est perçue comme de plus en plus excessive, tendant jusqu’à l’ivresse (pour 40% des parents). De plus, 28% des parents jugent que celle-ci intervient de plus en plus jeune, et 20% pensent que les jeunes ne peuvent plus imaginer une soirée entre amis sans boire. L’état d’esprit général (56% des pères et mères interrogés), le manque de contrôle des sorties et fréquentations de la part des parents (35%), et l’absence de contrôle dans les bars et discothèques (27%) sont jugés comme les responsables de cette consommation immodérée.

Consommation en baisse

Dans son rapport sur l’état de santé des Français, la Dress (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) livre toutefois un bilan moins alarmant. Si la consommation d’alcool reste supérieure à l’objectif fixé par le ministère de la Santé (11,5 litres par an), elle connaît cependant une baisse ces dernières années. En 1990, les Français de 14 ans et plus buvaient 14,5 litres chaque année, contre 12,4 aujourd’hui. Plus spécifiquement, la consommation des jeunes de 17 ans a fortement diminué entre 2003 et 2008, de moitié pour les filles et d’un tiers pour les garçons. Alors qu’elle avait connu une hausse considérable de 2003 à 2005, l’ivresse répétée (au moins trois états d’enivrement dans l’année) se stabilise depuis. Et ce malgré la mode du binge-drinking, une pratique adolescente où l’ivresse doit être poussée à son maximum et atteinte le plus rapidement possible.

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