Scientifiques, pédiatres et gynécologues ont écrit une lettre au ministre de la Santé pour dénoncer les risques d’accouchement prématuré chez les femmes enceintes consommant de l’aspartame. Une étude réalisée au Danemark l’an dernier avait déjà mis en évidence le lien qui existerait entre l’édulcorant et les naissances précoces.

Favoriser l’obésité, déclencher des crises d’épilepsie, ou encore provoquer des risques de cancer du cerveau… L’aspartame est, depuis sa mise sur le marché aux Etats-Unis dans les années 1970, considéré comme dangereux pour la santé. Si les accusations qui pèsent sur l’édulcorant ne sont pas toujours fondées, il semble que les chiffres obtenus dans une enquête publiée au Danemark en 2010 présentent des arguments bien durs à réfuter.

Augmentation de prématurés

L’étude, conduite par le médecin Thorhallur Halldorsson et consacrée à l’impact des boissons lights et sans sucre (contenant donc un édulcorant) sur la grossesse, a été menée sur 60 000 Danoises enceintes. 27% des femmes ayant consommé une de ces boissons gazeuses quotidiennement ont connu une naissance prématurée tardive (entre la 32ème et 36ème semaine de gestation). Ce chiffre monte à 35% pour deux ou trois boissons avec bulle par jour et à 78% pour plus de quatre sodas ! L’impact est moindre en ce qui concerne les boissons non gazeuses. Celles-ci contiennent deux à trois fois moins d’aspartame, variant de 11% à 29% selon les quantités ingurgitées.

« Le doute devrait profiter au consommateur »

C’est sur ces chiffres que se sont appuyés les scientifiques, pédiatres et gynécologues du RES (Réseau Environnement Santé) pour tirer la sonnette d’alarme dans une lettre envoyée à la mi-novembre au ministre de la Santé, Xavier Bertrand. L’objectif étant d’alerter les femmes enceintes du danger de l’aspartame pendant la grossesse, où du moins d’appeler à la prudence vis-à-vis de sa consommation en période de gestation. Pour défendre sa cause, le collectif d’associations s’est servi des propos énoncés par l’homme d’état lui-même en juin dernier : « Vous avez déclaré, à propos de l’affaire du Mediator, que le doute devait désormais profiter au malade. Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur. »

Présent dans 6000 produits

Dans une note jointe à la lettre, le RES détaille les conséquences sanitaires pour l’enfant né prématurément, parmi lesquelles on trouve des retards de développement, un risque d’autisme multiplié par cinq, ou encore une tendance à la dépression. Le réseau rappelle également que l’aspartame est l’édulcorant le plus utilisé au monde, présent dans plus de 6000 produits, dont plus de 500 pharmaceutiques. Enfin, la note indique que 200 millions de personnes dans le monde en consommeraient régulièrement.

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