Selon les premiers résultats d’une enquête périnatale, rendue publique par la Direction générale de la Santé, jeudi 6 octobre, les mères sont plus âgées et plus souvent en surcharge pondérale au moment de la naissance. Deux évolutions préoccupantes pour la santé de la mère comme de l’enfant.

La Direction générale de la santé (DGS) et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), ont réalisé une enquête sur la périnatalité en France. Celle-ci a porté sur les naissances survenues entre le 15 et le 21 mars 2010 dans 553 maternités, publiques et privées, en métropole et dans trois départements d’Outre-mer. Au total, 15 187 femmes et 15 418 enfants étaient concernés.

Une maternité tardive

On y apprend que la proportion de naissances chez les femmes âgées de 35 ans et plus atteint désormais 19,2%, contre 15,9% en 2003, date de la précédente enquête. L’âge au premier enfant est stable depuis 2003 (27,5 ans), mais l’âge moyen à la naissance des suivants continue à augmenter, ce qui a une influence négative sur la fertilité et majore sensiblement les risques pour l’enfant et la mère.
 Autre évolution jugée « préoccupante », mais pas surprenante car elle reflète la situation de la population générale : 17,3% des femmes sont en surpoids avant leur grossesse et 9,9% souffrent d’obésité (contre 15,4% et 7,4% en 2003).

Risques

Pendant la grossesse, ces femmes ont plus de risques de développer des pathologies graves (pré-éclampsie, diabète…). « Pour l’enfant, ça a un impact fort en termes d’anomalies de croissance in utero, de mortalité foetale, mais aussi de troubles à très long terme : risque de surpoids, de troubles du métabolisme », relève la responsable de l’enquête, Béatrice Blondel (Inserm).

Points positifs

La baisse de la consommation de tabac ainsi que la progression de l’allaitement exclusif sont les deux points positifs de cette enquête. En effet, la consommation de tabac chez les futures mères est en diminution, alors que les femmes entre 15 et 49 ans ont, sur la même période, augmenté leur consommation. Ainsi, 17,1 % des femmes fument au 3e trimestre de la grossesse contre 20,8 % en 2003.
Enfin, le taux d’allaitement maternel à la maternité a continué de progresser, passant à 60 % pour l’allaitement exclusif et 9 % pour l’allaitement mixte (sein et biberon).
 Par ailleurs, la place des sages-femmes dans le suivi des grossesses s’affirme. En 2010, 39% des femmes ont consulté une sage-femme au moins une fois (27% en 2003). « C’est un changement énorme », relève le Dr Blondel.

Stabilité des césariennes

Parmi les évolutions favorables constatées depuis 2003, les femmes ont des diplômes plus élevés et occupent des postes plus qualifiés. En ce qui concerne la naissance, le nombre des césariennes, qui augmentait régulièrement, se stabilise (21%). La prématurité est sensiblement stable : 6,6 % en 2010 contre 6,3 % en 2003. Cependant, la prématurité reste « un souci », même si la grossesse est parfois écourtée volontairement, dans l’intérêt de la mère ou de l’enfant.

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