Une récente étude intitulée « Home sweet home, des surprises poussiéreuses sous le lit » a permis d’analyser la poussière présente dans les intérieurs et de montrer qu’elle contiendrait de nombreuses substances nocives pour la santé.

Plusieurs organisations environnementales, dont Chemsec et la Sweedish society for nature conservation, ont décidé de mener une étude dans 12 pays différents qui révèle que les poussières présentes en quantité plus ou moins importante sous les lits seraient dangereuses. En effet, elles contiendraient divers perturbateurs endocriniens nocifs à trop forte dose.

Des substances présentes partout

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle, étrangères à l’organisme, et qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien (ensemble des organes qui sécrètent des hormones). Ils peuvent ainsi engendrer des effets délétères sur la personne touchée ou sur sa descendance. Malheureusement, ces substances se retrouvent partout : dans l’eau, le lait maternel, certains aliments (notamment les viandes, les produits transformés, les céréales et fruits et légumes) mais également dans les produits cosmétiques ou les médicaments. Les plus fréquentes et les plus connues de tous sont, entre autres, le bisphénol A (contenu dans les biberons, les canettes ou les boîtes de conserve), les phtalates (utilisés comme plastifiant dans des biens de consommation mais aussi pour du matériel médical) et le nonylphénol (utilisé comme additif des plastiques). Les associations environnementales qui se sont lancées dans cette enquête ont donc pu constater qu’au sein même de nos habitations, le danger n’était pas écarté.

Chasser les moutons

Les scientifiques en charge de cette étude, réalisée à travers 12 pays dans le monde (6 en Europe, 4 en Afrique et 2 en Asie), ont analysé des échantillons de poussière présents dans des chambres non nettoyées depuis une semaine. Ils tiennent d’ailleurs à préciser que les Européens passent en moyenne 90% de leur temps dans des endroits clos, où l’exposition à des substances chimiques est mille fois supérieure à celle relevée à l’extérieur. Le résultat est sans appel : la poussière contient réellement des perturbateurs endocriniens, essentiellement des nonylphénols et des phtalates. Ils proviennent, entre autres, des objets en plastique mais aussi des produits d’entretien, meubles, moquettes, peintures, produits électroniques et jouets pour enfants. Les enfants, pour qui le danger de toxicité est accru puisqu’ils respirent l’air ambiant à proximité du sol, là où la poussière s’accumule davantage. L’étude constate qu’un bébé de 7 kilos inhalerait 3,5 microgrammes de phtalates par jour, au lieu de 2,45 recommandés. Les chercheurs ont donc voulu mettre en avant le fait que des efforts sur de nombreux produits étaient à faire. En effet, si l’autorité européenne de sécurité des aliments a fixé des seuils raisonnables et acceptables de phtalates ou de bisphénol A, il faudra en faire de même dans tous les secteurs touchés. Les conséquences d’une trop grande exposition à ces substances peuvent être fatales, elles provoquent notamment des atteintes à la fertilité, des cancers ainsi que des troubles neurocomportementaux.

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