La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié le 13 septembre 2011 les conclusions de l’audition publique organisée par la Société Française de Médecine et de Réadaptation (SOFMER). Une audition qui avait pour but d’aider les professionnels de santé dans leur diagnostic du syndrome du bébé secoué. Lire la suite

Chaque année, au moins 200 syndromes du bébé secoué se produiraient en France. Ce traumatisme crânien infligé survient lorsqu’un adulte (un homme dans 7 cas sur 10) secoue un bébé par exaspération ou épuisement face à des pleurs qui ne s’arrêtent pas. Le secouement concerne des nourrissons de moins de 1 an et touche généralement ceux de moins de 6 mois. Ce syndrome est devenu un réel problème de santé publique. En effet, il provoque d’énormes conséquences, souvent irréparables, dont des lésions graves, parfois fatales, du système nerveux central engendrant des séquelles à vie.
Un diagnostic dur à définir
Le but de l’audition publique de la SOFMER était d’apporter aux professionnels de santé des nouveaux critères pour détecter un syndrome de secouement du nourrisson. Le diagnostic est souvent très difficile à établir, d’où les 50% de récidive dans la plupart des cas. Les conclusions de la HAS ont donc préconisé d’évoquer systématiquement ce problème devant des symptômes neurologiques, des vomissements ou une pâleur inhabituelle et également un changement de comportement inexpliqué du bébé. De plus, il est spécifié que l’examen clinique complet sur un nourrisson dénudé doit rechercher des signes de lésions encéphaliques (du cerveau) et des signes évocateurs de maltraitance. A cela doit être ajouté une imagerie médicale de type scanner ou IRM pour détecter un éventuel hématome sous-dural ou des hémorragies rétiniennes. En fonction des résultats de ces examens, une grille de critères de diagnostic est mise en place sous la forme de quatre catégories : diagnostic hautement probable voire certain, diagnostic probable, possible et écarté.
Une prévention accrue
Les professionnels de santé, qui doivent faire face à ce genre de cas, se doivent d’agir le plus rapidement possible pour établir soit un signalement au Procureur de la République si le diagnostic est certain ou hautement probable, soit une information préoccupante au président du Conseil général si le diagnostic est possible. Mais c’est avant tout au niveau de la prévention auprès des parents que l’accent doit être mis. Dès la sortie de la maternité, les jeunes parents devraient être mieux informés sur les pleurs du nourrisson, la possibilité d’en être exaspérés mais surtout les conséquences d’un acte aussi irréversible qu’un secouement. C’est pourquoi, la Haute Autorité de Santé a mis à disposition sur son site Internet, un film vidéo de prévention accessible à tous. Sensibiliser le plus grand nombre pourrait éviter des drames dans de nombreuses familles.

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Si vous souhaitez avoir plus de renseignements sur la campagne de prévention de la HAS, rendez vous sur le site www.has-santé.fr/

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