Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a décidé de mettre en place dès la rentrée de nouvelles mesures visant à responsabiliser davantage les élèves sur les conséquences de leurs actes. Lire la suite

Dès la rentrée, les collèges et lycées de France vont vivre une petite révolution. En effet, un élève au mauvais comportement pourra être sanctionné en faisant des travaux d’intérêt général. Selon le décret du ministère de l’Education nationale, cette « tâche d’intérêt commun », comme elle est appelée, sera utilisée en réponse à certains cas de violences verbales, physiques ou d’autres actes graves. Les règlements intérieurs vont d’ailleurs devoir intégrer une échelle de six types de sanctions : l’avertissement, le blâme, la « mesure de responsabilisation », l’exclusion temporaire de la classe, de l’établissement et définitive.

L’élève au service de la collectivité

Le principe de cette mesure de responsabilisation est simple, il consiste à participer (pour l’élève sanctionné) en dehors des heures d’enseignement, à des activités de solidarité, culturelles ou des formations à des fins éducatives. Ces activités pourront se dérouler au sein de l’établissement ou au sein d’une association, d’une collectivité territoriale ou encore d’une administration de l’Etat. Concrètement, l’élève « perturbateur » pourra s’occuper du nettoyage de la cour, faire du bénévolat dans une association ou chez les pompiers, ou encore repeindre des murs dégradés. La palette de sanctions est très large, mais ne pourra pas excéder vingt heures et devra respecter la dignité de l’élève et ne pas l’exposer à un danger pour sa santé.

Lutter contre le décrochage

En mettant l’élève puni face à ses responsabilités et aux conséquences de ses actes, l’Education nationale espère ainsi limiter un maximum le décrochage scolaire. C’est pour cela d’ailleurs que la durée de l’exclusion temporaire d’un établissement est passée d’un mois à huit jours. C’est ainsi une lutte contre l’engrenage des exclusions à répétition, qui aboutissent dans la plupart des cas à une déscolarisation définitive, qui se met en place. Mais Luc Chatel ne s’arrête pas là. En effet, le Ministre ne va pas laisser les écoles primaires en reste puisqu’il compte remettre au goût du jour les leçons de morale. Il préconise l’usage de maximes à réciter et à commenter tous les matins en classe, comme autrefois, pour aider chaque élève à renforcer sa conscience morale dans des situations concrètes. Quatre domaines sont mis en avant : l’introduction aux notions de la morale, le respect de soi, la vie sociale, le respect des personnes et des biens.

Des mesures controversées

Si l’Education nationale clame que ces nouvelles mesures sont faites pour trouver des solutions éducatives plutôt que répressives aux mauvais comportements des élèves, elles ne sont pas accueillies avec plaisir par tous. Des opposants rappellent que leur mise en place est encore loin d’être réglée. En effet, rien ne sera effectué sans l’aval du Conseil Supérieur de l’Education qui se réunira à ce sujet à la mi-septembre. Ils pointent également du doigt le problème des effectifs dans les établissements scolaires. Rappelant qu’il risque d’être difficile de faire plus avec moins de personnel. Mais c’est surtout au niveau administratif que les choses se compliquent. Ces mesures induisent un changement du règlement intérieur dans les établissements. Des modifications susceptibles de prendre du temps et qui ne sont pas au goût de tous les directeurs, surtout une fois l’année scolaire lancée.

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