Comment stimuler l’apprentissage du tricot, du jonglage ou d’une autre activité manuelle ? Avec de l’argent ! D’après une équipe de l’Inserm, la récompense monétaire stimulerait le circuit de la dopamine dans notre cerveau. Explications.

Et si l’argent influait sur nos capacités motrices ? C’est l’hypothèse formulée par une équipe de l’Inserm* menée par Mathias Pessiglione et Stefano Palminteri. Ils ont demandé à des volontaires d’observer sur un écran cinq touches de clavier et de taper en même temps sur trois d’entre elles. À chaque fois, une récompense financière de 10 centimes ou 10 euro était donnée. Résultat ? Les participants exécutaient plus rapidement la tâche quand on leur proposait la somme plus élevée.

Le rôle de la dopamine

Les chercheurs ont alors supposé que le circuit de la dopamine (une substance chimique produite dans le cerveau qui augmente l’efficacité des neurones impliqués dans la coordination visuo-motrice) pouvait jouer un rôle dans ce processus. Pour y parvenir, les patients atteints de la maladie de Gilles de la Tourette (maladie neurologique caractérisée par des tics moteurs et verbaux) ont également été sollicités. En effet, ils présentent la particularité d’avoir une très forte libération de dopamine dans leur cerveau.

De meilleurs résultats

Ces patients ont été placés en deux groupes et ont réalisé le même test. Le premier groupe était soigné par des médicaments bloquant le circuit de la dopamine, pas le second. Il est apparu que le groupe non soigné, lorsque la récompense financière était importante, apprenait plus vite la tâche à exécuter que les patients dont le circuit de dopamine était bloqué par leur traitement médicamenteux… mais aussi que les personnes non atteintes par cette maladie ! « Ces travaux apportent donc la preuve scientifique que les récompenses monétaires améliorent l’apprentissage moteur chez l’homme et que cet effet passe par une libération accrue de dopamine dans le cerveau », concluent les chercheurs.

* Étude réalisée par l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et le CRICM (Centre de recherche de l’Institut du Cerveau et de la moelle épinière)

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