Une étude effectuée par des chercheurs de l’université de Stanford a démontré que l’apnée du sommeil pourrait avoir des effets néfastes sur la formation et le maintien de la mémoire. Réalisée pour le moment sur des cobayes, cette recherche a été publiée dans les comptes-rendus de l’Académie des Sciences américaine. Lire la suite

L’apnée du sommeil (arrêt du flux respiratoire lors du sommeil) a de réelles conséquences pour les personnes qui souffrent de ce problème : multiples réveils nocturnes, maladies virales, somnolences diurnes, irritabilité… Mais ce ne sont pas les seules. Des chercheurs de l’université de Stanford, aux Etats-Unis, se sont attelés à essayer de prouver que cette pathologie avait également des effets sur la mémoire. Pourtant, le sommeil est très difficile à analyser. En effet, les trois caractéristiques qui le composent (sa durée, son intensité et sa continuité) ne peuvent être analysées, pour l’instant, indépendamment les unes des autres chez les êtres humains.

Des souris comme cobayes

Pour pouvoir entreprendre une recherche correcte, les scientifiques ont donc utilisé une méthode unique sur des souris génétiquement modifiées. Cette technique, dite optogénétique, consiste à stimuler des cellules nerveuses du cerveau en envoyant des impulsions lumineuses sur les souris. Ainsi, elles se réveillent brièvement pendant qu’elles dorment. Les chercheurs ont donc pu observer uniquement la « fragmentation » de leur sommeil sans agir sur la qualité ni sur la durée de celui-ci.

Des résultats à approfondir

Grâce à cette méthode, les scientifiques se sont aperçus que les souris, dont le sommeil était régulièrement coupé, présentaient des troubles de la mémoire. En effet, elles éprouvent plus de difficultés que les autres à reconnaître des objets familiers, des objets avec lesquels elles étaient stimulées auparavant. Les chercheurs ont donc conclu que la continuité du sommeil était essentielle à la consolidation et l’apprentissage de la mémoire. Ils nuancent tout de même ces résultats, puisque cette étude n’a été effectuée que sur des animaux. Ils comptent désormais l’entamer prochainement sur des hommes.

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