Une étude néerlandaise, présentée le lundi 4 juillet au Congrès annuel de l’European Society of Human Reproduction and Embryology, conclut que les femmes ayant eu des fausses couches répétées n’ont pas un délai de conception plus long que les autres femmes sans antécédents.

Lire la suite Les femmes qui ont dû faire face à des fausses couches à répétition se demandent souvent quel sera le délai pour qu’elles retombent enceintes ou si elles le pourront à nouveau tout simplement. Sous la direction du Dr Stef Kandoorp, du centre de médecine de la reproduction d’Amsterdam, un groupe de scientifiques s’est attelé à étudier le délai de conception naturel des femmes ayant vécu plusieurs fausses couches. C’est au total 251 femmes, âgées de 34 ans en moyenne et ayant eu deux fausses couches intervenues après 20 semaines de grossesse, qui ont été les sujets de cette enquête. Celles-ci participaient déjà à un programme évaluant l’effet de l’aspirine seul ou combiné à l’héparine contre un placebo. Des traitements censés améliorés les chances de conception…

Des résultats significatifs

Entre février 2004 et juillet 2009 (durée de l’étude), 213 femmes ont connu une nouvelle grossesse, le temps moyen pour tomber enceinte étant de 21 semaines. 56% d’entre elles l’ont été après 6 mois, 74% des femmes qui ne l’étaient pas encore après 12 mois et 86% des dernières après 24 mois. Sur l’ensemble des sujets pendant la durée de l’enquête, 139 grossesses ont abouti sur une naissance vivante, 69 à une nouvelle fausse-couche, 2 à une grossesse extra-utérine, 2 à une interruption de grossesse et une à un décès du fœtus intra-utérin. Les conclusions révèlent également que des traitements à l’aspirine ou à l’héparine n’ont aucune efficacité ni incidence sur la conception.

L’importance du facteur génétique

Selon le Dr Kandoorp et ses équipes, les femmes comportant une anomalie génétique nommée V Leiden auraient besoin de moins de temps que les autres pour concevoir un enfant, avec des chances similaires d’aboutir à une naissance vivante (64% contre 65%). D’après ces scientifiques néerlandais, cette mutation génétique héréditaire, qui aboutit dans la plupart des cas à la thrombophilie (coagulation du sang plus rapide provoquant des caillots), serait un facteur non négligeable qui fera d’ailleurs l’objet d’une prochaine étude à approfondir. Mais ils restent formels, cette enquête est très encourageante pour les femmes ayant eu plusieurs fausses couches, leur temps de conception est sensiblement identique à celui des femmes sans antécédents. Elle met également en avant le fait qu’un suivi et des conseils appropriés sont indispensables pour aider ces femmes à mener à bien leur désir d’enfant.

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