Lors de la conférence nationale sur les rythmes scolaires une proposition a été faite afin de rééquilibrer les semaines de cours jugées trop lourdes pour les enfants. Nous avions déjà interrogé les parents, et deux experts, sur ce qu’ils pensaient de la semaine de 4 jours à l’école. Retour sur leurs points de vue.

Pour Laurent 24 ans, les longues journées qu’impose la semaine de 4 jours sont incompatibles avec l’âge des écoliers. Un avis que partage Hubert Montagnier. Ce spécialiste des rythmes biopsychologiques des enfants se bat pour que l’on adapte l’école à leurs besoins, et que l’on considère les enfants comme des enfants avant d’être des élèves. Il va même jusqu’à parler de maltraitance pour qualifier l’état actuel du calendrier scolaire. « Il est aberrant que des enfants de 5 ans travaillent autant que des enfants de 10 ans », clame-t-il. La durée des journées d’école en France est l’une des plus longues, et c’est ce qui pose problème à cet expert, mais aussi à d’autres parents. Laurent, lui, adhère plus au système américain qui permet aux enfants de faire des activités l’après-midi, et de se reposer.

Des activités pour décompresser

Tous les parents s’accordent à dire que les enfants ont besoin de pratiquer des activités pour s’épanouir en dehors d’une salle de classe. Myriam, 39 ans, profite du mercredi libre qu’offre la semaine de 4 jours pour inscrire sa fille à des cours de danse « cela lui permet de s’épanouir ailleurs qu’à l’école » nous confie-t-elle. S’épanouir, mais aussi gérer le stress. Pour Janick, 47 ans, « le mercredi est un jour de répit utile pour les enfants, cela peut aider certains à gérer le surmenage ». Les parents constatent aisément chez leurs enfants un certain besoin de se reposer, et de se dépenser autrement, ce que souligne Eva Balint, docteur en sciences de l’éducation : « pour bien activer son cerveau, un enfant a besoin de se dépenser ». Au-delà des activités, c’est aussi l’occasion pour de nombreux parents divorcés de pouvoir s’organiser. Pour Marie-Dolores, 56 ans, grâce à la semaine de 4 jours ces parents divorcés « peuvent profiter de week-ends complets ».

Un rythme cassé

Mais ces journées idéalement destinées aux activités ne remplissent plus leurs objectifs. La plupart du temps, les enfants les consacrent à leurs devoirs. « Un véritable constat d’échec », selon Hubert Montagnier, pour qui les journées de cours devraient être suffisantes si elles étaient mieux organisées et basées sur un programme d’alternance entre temps de travail intellectuel et loisirs. C’est ce que souhaite Éva Balint pour qui : « on ne peut pas demander des efforts intellectuels à des heures ou l’enfant ne peut pas, comme au moment de la digestion, ou le matin au réveil». La solution réside, selon les experts, dans le respect des rythmes biologiques des enfants. Et le mercredi libre peut « constituer une rupture anxiogène dans le rythme de vie des enfants à partir du moment où ils ne savent pas qui va les prendre en charge, ni ce qu’ils vont faire ».

Le problème de la garde

Le vrai problème pour de nombreux parents qui travaillent reste celui de la garde. Marie, 32 ans, le déplore : « il n’existe pas de structures adaptées, en relation avec les établissements scolaires, et qui pourraient prendre en charge nos enfants le mercredi ». Même si cette jeune maman d’une petite fille de 4 mois n’est pas encore concernée, elle se dit certaine de mettre sa fille dans une école qui appliquera la semaine complète, à cause de ce problème de garderie.

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