Cette semaine, les éditions Dunod publient Comprendre et interpréter les dessins d’enfants. Un livre écrit par Georges Cognet, psychologue clinicien, enseignant à l’Ecole des psychologues praticiens, et chroniqueur au Magazine de la Santé (France 5).  

Pourquoi avoir choisi d’écrire sur ce sujet ? 

Le dessin m’intéresse depuis toujours car je viens d’une famille d’artistes. Mon père était artiste, mon frère l’est aussi. J’ai toujours cru au lien entre la psychologie et la production enfantine.

Que nous apprend un dessin d’enfant ? 

Un dessin peut nous révéler beaucoup d’informations, à manier avec précaution. L’idée est que la personnalité profonde de l’enfant, ainsi que des éléments de son développement cognitif et intellectuel transparaissent dans le dessin. Mais il faut faire attention aux interprétations hâtives.  Il y a toujours plusieurs possibilités d’interpréter un dessin. Il faut croiser  plusieurs informations, comme la capacité de l’enfant à jouer, à parler, à pouvoir rester seul, son désir d’aller vers les autres… C’est cet ensemble qui pourra déterminer si l’enfant va bien ou pas. En revanche, un enfant qui n’aime pas dessiner ou qui dessine sommairement n’est pas un enfant qui se développe mal. Le dessin est un indicateur de développement seulement si l’enfant aime dessiner.

Faut-il s’inquiéter face à des dessins tristes, sans couleurs ? 

Il faut s’inquiéter si ces dessins sont répétitifs, si la violence est récurrente et que les personnages sont très abîmés. Les premiers dessins d’enfants sont souvent des personnages. Ils reflètent la confiance que les enfants ont d’eux-mêmes. Dans leurs premiers dessins, quand ils commencent à dessiner des formes, et qu’on leur demande de quoi il s’agit, les petits répondent souvent « c’est moi ! ».

Comme je l’explique dans mon livre, le fait de représenter la violence ou des détails angoissants, peut être positif d’un certain point de vue. Cela peut signifier que l’enfant essaye de maîtriser ses angoisses en les dessinant. Par ailleurs, on rencontre des enfants, ayant vécu un grand traumatisme, qui vont faire des dessins très positifs et stéréotypés, avec des grands soleils, et beaucoup de couleurs. Ceux-là craignent souvent d’être submergés par leurs émotions parce qu’elles sont trop fortes. Ou alors, ils ne parviennent pas à représenter l’indicible.

À lire : Comprendre et interpréter les dessins d’enfants, Georges Cognet, Dunod.

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