Dans un communiqué, le syndicat français des aliments de l’enfance (SFAE)* met en garde contre l’utilisation des laits végétaux et d’animaux dans l’alimentation des enfants de moins de 3 ans. Seuls les laits maternels et de croissance apporteraient les minéraux essentiels dont le bébé a besoin. Pire, les laits alternatifs engendreraient de graves carences alimentaires pouvant mettre l’enfant en danger.

Les rayons des supermarchés accueillent aujourd’hui d’étonnantes variétés de laits. Les laits d’amande, de soja, de riz, mais aussi de chèvre, d’ânesse, de jument ou de brebis viennent s’ajouter au traditionnel lait de vache. Ce dernier, ainsi que la liste des laits alternatifs, ne serait pas du tout adapté aux enfants de moins de 3 ans. Entre 0 et 3 ans, les enfants quadruplent leur poids et doublent leur taille. Une alimentation inadaptée pendant cette période provoquerait des carences et des excès pouvant surcharger les reins des tout-petits. Le 21 juin dernier, les spécialistes de l’alimentation infantile sont montés au créneau, alertés par Bertrand Chevalier, chef du pôle pédiatrie de l’hôpital Ambroise Paré à Boulogne sur des cas de malnutrition d’enfants. Un certain effet de mode encourage les parents à donner exclusivement à leurs enfants des laits végétaux ou d’animaux divers.

« Jus » et non « laits »

Les laits végétaux sont en réalité des jus que l’on peut même fabriquer soi-même. L’appellation « lait » est une erreur et sème la confusion chez certains parents pourtant bien intentionnés. Le lait de soja par exemple ne contiendrait pas assez de calcium pour les bébés. Concernant les laits d’animaux, le lait de chèvre aurait la particularité d’être trop protéiné et de provoquer des carences en fer et en vitamines A, C, D, B9 et B12 alors que le lait de brebis serait trop gras pour les enfants. Quant au lait d’ânesse, il n’y aurait pas de garanties suffisantes en matière de contrôles infectieux selon les spécialistes. Le lait de vache, lui, ne serait pas assez riche en fer.
Laurence Plumey, médecin nutritionniste et consultante à l’hôpital Necker à Paris, insiste sur le fait que les enfants en bas âge devraient boire environ 500ml de lait infantile par jour. Il faudrait donner du lait maternel ou maternisé jusqu’à l’âge d’1 an, puis du lait de croissance jusqu’à l’âge de 3 ans. À partir de 6 mois, on peut donner deux biberons de lait infantile par jour : un le matin, l’autre au goûter. On couvre ainsi 70% des besoins de l’enfant, en fer, en calcium, et en acides gras.

* Ce syndicat est composé de pédiatres et spécialistes de l’alimentation infantile

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