Mardi 14 juin, à Manosque, un enfant de 10 ans est décédé. Ses parents l’ont découvert, pendu dans sa chambre. Ce drame serait survenu alors que l’enfant s’adonnait au jeu du foulard.
Chaque année des dizaines d’enfants décèdent en France de ce jeu qui consiste à s’étrangler pour être à la limite du malaise. Une pratique dangereuse qui aurait déjà causé la mort de six enfants depuis le début de l’année 2011.
Certains signes (traces dans le cou, maux de tête, rougeurs au visage, vaisseau sanguin éclaté dans l’œil…) peuvent alerter les parents. La prévention reste plus que jamais nécessaire.

Questions à Grégory Michel, Professeur en psychologie clinique et pathologique.

Psychoenfants : Pourquoi certains jeunes pratiquent le jeu du foulard ?
Grégory Michel : Les enfants méconnaissent les risques. Ils jouent sous la pression du groupe pour faire comme les autres et sont souvent initiés par des plus grands. Les ados ont une appétence pour tout ce qui est dangereux. Ils recherchent des sensations fortes. Ils retirent de ce jeu une nouvelle émotion.

Psychoenfants : Pourtant à partir d’un certain âge, on a conscience du danger …
Grégory Michel : Oui bien sûr. Les campagnes de prévention confortent les ados dans l’idée que c’est dangereux et en dissuadent certains. En revanche, chez ceux qui sont dans la transgression, qui veulent s’opposer au discours social et parental cela peut les inciter à y jouer. L’effet est alors contre-productif.

Psychoenfants : Les jeunes qui y jouent ne sont pas tous en rébellion…
Grégory Michel : Non mais cette conduite leur permet de se sentir exister dans la douleur. Ils ne veulent pas mourir, bien au contraire. Ils veulent se confronter à la mort. C’est comme une « résurrection ». Souvent ce sont des jeunes à qui la vie sourit, mais qui ont un amour des sensations fortes. Cette recherche d’effets peut devenir une conduite d’excès et mener à l’addiction (fréquence régulière, le jeune y pense tout le temps). Mais cela reste rare. Par contre, l’accident peut arriver à tout moment, même la première fois.

Psychoenfants : Comment peut-on en parler ?
Grégory Michel : L’enfant accepte qu’on lui transmette des infos, c’est un facteur éducatif. Avec l’ado, c’est plus complexe. Le discours des parents peut l’irriter. Il faut être vigilant et lui dire qu’on sera toujours là s’il veut dialoguer. Si le jeune en parle, c’est une mine d’or. Il faut alors tester ses connaissances, savoir pourquoi il pratique ce jeu, comprendre ses motivations sans le juger. Cela permet de constater avec lui les bénéfices et inconvénients de cette pratique, de le faire douter de son comportement. Et puis, exister c’est savoir dire « non je ne ferai pas comme vous, je ne jouerai pas à ce jeu ». C’est une force, une richesse.

Plus d’informations sur www.jeudufoulard.com
Retrouvez notre article complet dans le magazine 14 de PsychoEnfants ici

 

Publicités