Deux études inquiétantes publiées par l’Institut de veille sanitaire (InVS) rendent compte d’un mauvais état de la fertilité masculine en France. Les résultats montrent une augmentation du nombre de cancers des testicules chez les hommes de 20 à 64 ans et des malformations congénitales chez les petits garçons de moins de 7 ans. » />

Ces deux rapports entrent dans le cadre d’une vaste étude demandée par le Ministère de la Santé dont l’objectif était de connaître l’état de la fertilité masculine en France sur la période 1998-2008, et de la comparer aux autres pays européens qui connaissent aussi ces problèmes. Alors que d’autres études en cours évaluent la qualité des spermatozoïdes par exemple, les premiers résultats décrivent l’évolution des pathologies qui endommagent la fertilité des hommes comme le cancer des testicules et les malformations congénitales. Les interventions chirurgicales liées au cancer des testicules chez les hommes de 20 à 64 ans ont augmenté de 2,5% par an. Chez les petits garçons de moins de 7 ans, les opérations pour soigner des anomalies génitales ont également augmenté : 1,2% pour les cas d’hypospadias (malformation de la verge où l’urètre ne s’ouvre pas à l’extrémité, mais au niveau de la face inférieure) et 1,8% pour la cryptorchidie (non-descente des bourses, à la naissance). Ces résultats apparaissent alors que la fécondation in-vitro devient une pratique de plus en plus courante pour pallier la difficulté de concevoir un enfant naturellement.

De possibles causes environnementales

Les chercheurs n’avancent aucune certitude quant à l’origine de l’augmentation de ces pathologies, mais certaines hypothèses sont d’ores et déjà privilégiées. De nombreux médecins invoquent l’exposition aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens qui agissent sur l’équilibre hormonal, comme le bisphénol A ou les sphalates contenus dans les plastiques. Ceux-ci seraient très dangereux pour l’appareil reproducteur du futur homme si l’exposition a eu lieu pendant la grossesse de la mère. Il en est de même pour d’autres substances supposées responsables comme l’alcool ou certains médicaments. Le lien entre les perturbateurs endocriniens et la fertilité a déjà été démontré pour les animaux. Ces polluants ont sérieusement endommagé la fertilité de certaines espèces allant même jusqu’à donner des caractères sexuels femelles à des mâles alors dans l’impossibilité de se reproduire. Pour Bernard Jegou, directeur de recherches à l’Inserm à Rennes et spécialiste des questions de fertilité, ces études permettent à la France de rattraper son retard dans l’évaluation des anomalies génitales, et toute la question est de savoir si ces différentes pathologies ont une origine commune ou s’il s’agit de problèmes différents.

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