Trois études publiées dans la revue Environmental Health Perspectives le jeudi 21 avril démontrent que l’exposition des femmes enceintes aux pesticides, utilisés dans l’agriculture, pourrait avoir des conséquences sur les capacités intellectuelles de l’enfant.

La première étude a été menée à partir de 1999 sur 392 enfants par des chercheurs de Berkeley, en Californie. Les femmes enceintes qui ont participé à ces recherches ont passé des visites régulières et ont répondu à des questionnaires pendant la grossesse et après la naissance de l’enfant pour évaluer la santé et le développement de ce dernier. Grâce à ce suivi, les chercheurs ont pu en conclure que « chaque fois qu’on multiplie par dix la quantité d’organophosphates, (pesticides utilisés dans l’agriculture), pendant une grossesse, le quotient intellectuel baisse de 5,5 points en moyenne chez les enfants de sept ans ».

-2,7 points de QI

Une deuxième étude réalisée sur un échantillon de 265 enfants à New-York par les chercheurs de Columbia University a donné des résultats similaires. Ces recherches se concentraient sur les effets d’un insecticide précis : le chlorpyrifos. Ce produit aurait des conséquences sur les capacités intellectuelles et mémorielles. Les enfants dont les mères ont été le plus exposées à ce produit durant la grossesse ont un QI moins élevé que les autres de 2,7 points, et des capacités de mémorisation réduites de 5,5 points.

Un gène en cause

Une troisième étude menée sur 400 femmes et leurs enfants confirme qu’une exposition aux pesticides aux phosphates a des conséquences négatives pour les enfants entre 6 et 9 ans. Mais ces recherches menées au centre hospitalier Mount Sinaï à New-York apportent une nouvelle information puisque les chercheurs ont constaté que les enfants qui avaient un QI inférieur aux autres étaient ceux dont les mères avaient un gène spécifique, les empêchant de diminuer l’effet négatif des pesticides.

Conséquences

Une des chercheuses affirme que les résultats scolaires pourraient en être affectés « même si l’intelligence reste dans la moyenne ». Enfin, il semblerait que seule une exposition aux pesticides « in utero » aurait des conséquences sur les capacités intellectuelles.

Des recommandations simples

Ces pesticides, essentiellement utilisés dans le milieu agricole, se déposent sur les fruits et les légumes et c’est notamment de cette façon que les populations sont exposées à leurs effets négatifs. Il est donc recommandé de laver et essuyer les aliments avant de les manger. Un geste simple à effectuer et qui pourrait atténuer une partie des effets négatifs des pesticides qui restent encore à l’origine de pathologies graves comme le cancer par exemple.

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