Mercredi 13 avril, Roselyne Bachelot a présenté le troisième plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. Plus de 31 millions d’euros seront débloqués pour mettre en œuvre les mesures de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale, soit 30% de plus par rapport au plan de 2008. Grâce à ce projet, des sujets seront abordés pour la première fois comme les violences sexistes et sexuelles au travail, les viols, les agressions sexuelles et la prostitution.

Trois priorités ont été mises en avant : la protection, la prévention et la solidarité. Pour cela, différentes mesures vont être mises en place d’ici à 2013.

La protection

Pour assurer la protection des femmes victimes de violences ainsi que de leurs enfants, les centres d’accueil de jour devraient se généraliser. D’ici 2013, tous les départements devront être équipés d’un centre d’accueil. Ces lieux spécialisés permettent aux femmes de trouver le soutien nécessaire à la préparation d’une nouvelle vie personnelle sans leur conjoint violent ou à une réinsertion professionnelle par exemple, mais aussi de bénéficier d’une oreille attentive. Les « référents violence », présents pour le moment dans 34 départements, seront étendus à toute la France. Ils servent à coordonner la justice, la police et les associations pour permettre une prise en charge globale. Les lieux de visite familiale devront aussi exister sur tout le territoire en 2013. Ces aménagements sont importants puisqu’ils permettent au parent violent d’exercer son droit de visite sans que la victime soit présente. Roselyne Bachelot a rappelé que «c’est au moment du droit de visite que s’exercent souvent les violences familiales». Pour finir, les bracelets électroniques vont être testés sur trois ans sur les auteurs de violences familiales graves.

La prévention

C’est le deuxième volet important de ce plan triennal. Des études sont prévues pour « quantifier les phénomènes de violence » et évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Par ailleurs, la ministre des solidarités et de la cohésion sociale souhaite former davantage les personnels des ambassades, consulats ou de l’état civil pour lutter contre les mariages forcés ou les mutilations sexuelles féminines par exemple. Les personnels de santé, eux, sont pointés du doigt pour leur manque de connaissance dans le domaine des violences faites aux femmes. Des plaquettes de prévention leur seront adressées pour une diffusion au sein de leur cabinet.

La solidarité

Trois campagnes de solidarité seront diffusées pour faire réagir le grand public sur les viols, les violences sexuelles au travail ou encore la prostitution, cette dernière étant dans le collimateur de Roselyne Bachelot. La ministre voudrait en effet pénaliser les clients : six mois d’emprisonnement et 3000 euros d’amende sont pour le moment envisagés. Le but est de débanaliser la prostitution. Des dispositifs seront également établi ces trois prochaines années pour sensibiliser les jeunes filles dans le cadre scolaire mais aussi les femmes dans le cadre du travail. Les directeurs des ressources humaines recevront une formation pour ensuite pouvoir sensibiliser leurs salariés à ce fléau. Rappelons qu’en 2009, 140 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur compagnon ou de leur ex-compagnon.

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