Qu’est ce qui pousse les adolescents à adopter des comportements téméraires ? Sont-ils à la recherche de sensations fortes ou bien ne calculent-ils tout simplement pas les dangers encourus ? De récentes études ont tenté de répondre à ces questions.

Les Universités Cornell (État de New York) et Brown (État de Rhode Island), ainsi que la faculté de médecine de l’Université de New York se sont associées afin d’apporter des éléments de réponse. À partir de l’observation de souris adolescentes, les chercheurs sont parvenus à expliquer pourquoi arrivé à l’adolescence, les peurs de l’enfance disparaissent. En cause : deux régions du cerveau impliquées dans la perception de la peur, les amygdales cérébrales et l’hippocampe, qui affichent une activité réduite durant cette période de la vie. Le comportement hasardeux des adolescents serait donc dû en partie aux changements du cerveau qui feraient disparaître les peurs acquises plus jeunes.

Du plaisir à déjouer les prédictions

Jessica Cohen, psychologue à l’Université de Los Angeles, s’est elle aussi penchée sur le problème. En observant des jeunes jouer aux cartes, elle a remarqué qu’ils optaient plutôt pour une stratégie payante et très risquée, au détriment d’une stratégie moins hasardeuse, mais aussi moins lucrative. Lorsqu’un choix audacieux est fait, le cerveau prévoit que les possibilités de gagner sont faibles. Cependant, si le pronostic se révèle faux, et que l’adolescent l’emporte malgré ses faibles chances, le cerveau enregistre une erreur de prédiction. Et c’est justement la détection de cette erreur qui lui procure un grand plaisir. Jessica Cohen explique cela par le fait que le cerveau adolescent possède un circuit de détection des erreurs de prédictions particulièrement sensible. Il retire donc un immense plaisir à déjouer les prédictions, et donc, à prendre des risques.

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