Une étude britannique récente a révélé que les filles dont les menstruations apparaissent avant l’âge de 12 ans développent plus de risques de dépression que celles dont les règles commencent plus tard.


Des chercheurs de l’Université de Bristol ont réalisé une étude à long terme sur 2184 filles, visant à établir un lien entre les menstruations précoces des adolescentes et les symptômes de dépression. En moyenne, l’âge auquel ces filles ont eu leurs premières règles est de 12 ans et 6 mois. L’étude a montré que les adolescentes réglées avant 11 ans et demi présentaient plus de symptômes de dépression vers l’âge de 13 ans, contrairement à celles qui étaient réglées plus tard.

Changements hormonaux et isolement

L’isolement et les bouleversements hormonaux seraient les causes principales de ces symptômes, d’après le Dr Carol Joinson, directrice de la recherche. En effet, les filles réglées précocement ne seraient pas prêtes émotionnellement à faire face à ces changements physiologiques et se sentiraient exclues.

L’étude n’est pas parvenue à démontrer si les menstruations précoces induisaient forcément l’apparition de symptômes dépressifs. Les chercheurs ont également évoqué la possibilité que les filles réglées très tardivement pourraient développer des symptômes de dépression ultérieurement.

 

3 Questions à Dominique-Marie Dugasse, psychologue.


PsychoEnfants : Avez-vous entendu parler de cette récente étude ?

Dominique-Marie Dugasse :
Non je n’en ai pas entendu parler, mais cela ne me semble pas étonnant. Chez ces filles, il y a un décalage entre la maturité affective et la maturité physiologique. Elles ont des revendications adolescentes mais un comportement de bébé. Il y a un écart entre ce qui se passe dans leur corps et ce qui se passe dans leur tête.

PsychoEnfants : Pourquoi est-ce que les symptômes de dépression apparaissent plus tard, vers 13 ou 14 ans, lorsque les autres adolescentes commencent aussi à être réglées, et non pas dès l’apparition de leurs premières règles ?

Dominique-Marie Dugasse : Les filles réglées avant 11 ans et demi n’ont pas, à cet âge, l’aptitude à raisonner comme des filles de 13 ans. Elles n’ont pas encore « le recul nécessaire » à une dépression. Les symptômes de dépression apparaissent plus tard chez la fille précoce car lorsque toutes ses amies commencent à peine à se former, à grandir, elle est déjà formée et a terminé sa croissance. Cette différence d’évolution rend la comparaison avec les autres adolescentes difficile et entraîne donc un profond mal être.

PsychoEnfants : Comment les parents peuvent-ils aider leur enfant afin de minimiser les risques de dépression ?

Dominique-Marie Dugasse : Si j’ai un conseil à donner, c’est de laisser à sa fille sa place d’enfant. Il faut continuer à traiter son enfant comme une petite fille, et non comme une adolescente. Les parents doivent en discuter avec leur fille, mais aussi la faire suivre par un spécialiste, si besoin.

Publicités