Un garçon de 10 ans a été admis à l’hôpital de Dunkerque en raison d’un coma éthylique  le jour de Noël. Daniel Bailly, pédopsychiatre, nous éclaire sur les comportements à risques des jeunes avec l’alcool.

Samedi 25 décembre 2010, un enfant de 10 ans a été hospitalisé suite à l’absorption d’une très grande quantité d’alcool. C’est à Saint Pol sur mer, dans le Nord, que s’est déroulé l’incident. Le garçon avait passé l’après-midi en dehors du domicile familial, avec un copain. Celui-ci avait pris une bouteille de vodka qui appartenait à ses parents. Les enfants se sont mis au défi de la boire, mais le jeu a mal tourné.
L’enfant a été retrouvé par son frère, le soir, dans un square proche de chez lui alors que la température était de 0 degré. Il était encore conscient lorsque les pompiers l’ont transporté à l’hôpital de Dunkerque. Mais, une fois sur place, le jeune garçon a fait un coma éthylique. Les analyses ont montré que son taux d’alcoolémie s’élevait à 2 g/L de sang.
L’enfant s’est réveillé dans la nuit. Le lendemain, il a déclaré à la police avoir bu la moitié de la bouteille.

3 questions au Professeur Daniel Bailly, pédopsychiatre et auteur de Alcool, drogues chez les jeunes : agissons (Odile Jacob)


PsychoEnfants : Le cas de ce garçon vous paraît-il marginal ou est-ce assez courant ?
Daniel Bailly : L’initiation à l’alcool se fait de plus en plus tôt. Les ivresses aiguës allant jusqu’au coma éthylique sont de plus en plus fréquentes chez les jeunes. Ce cas n’est donc pas isolé même si l’enfant est particulièrement jeune.
Contrairement à l’idée reçue, ce ne sont pas leurs amis qui poussent les jeunes à boire de l’alcool. Le plus souvent, la première consommation a lieu dans le cadre de fêtes de famille, au nom de la convivialité.

PsychoEnfants : Commencer à consommer de l’alcool tôt augmente-il le risque de devenir alcoolique ?
Daniel Bailly : Les premières addictions sont constatées entre 15 et 19 ans, mais elles se préparent dès le premier contact. Plus celui-ci est précoce, plus le risque de développer une addiction à l’alcool est élevé.
Certains enfants sont plus vulnérables que d’autres. Il a été démontré que les jeunes anxieux ou dépressifs avaient deux fois plus de risques d’être dépendants à l’alcool. Les enfants agressifs, antisociaux, hyperactifs ou, au contraire, qui s’ennuient facilement ont plus souvent un comportement à risques.

PsychoEnfants : Un conseil pour les parents qui souhaitent en parler avec leur enfant ?
Daniel Bailly : Il n’y a pas de bon âge pour commencer à en parler avec son enfant. Il faut être à l’écoute et répondre à ses questions au moment où il commence à les poser. Le plus important c’est que les parents ne soient pas réticents ou angoissés à l’idée d’aborder la question. De même, il ne faut pas axer son discours sur les dangers de l’alcool. Au contraire, cela lui donnerait envie d’enfreindre la règle.
La relation parents enfant joue un rôle très important dans l’approche du sujet. Si les parents sont trop sévères ou au contraire trop laxistes, le discours a peu de chance de porter ses fruits. Par contre, le discours de parents à l’écoute, qui montrent leur intérêt pour la parole de leur enfant,  sera mieux reçu.

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