Un sondage Ipsos révèle que si la grande majorité des Français réprouvent fortement le fait d’avoir des relations sexuelles tarifées avec des mineurs, de nombreux préjugés à propos de cette pratique perdurent. Alors comment les Français perçoivent-ils l’exploitation sexuelle des mineurs ? Les résultats de l’enquête…

D’après une enquête* menée par l’Institut Ipsos en collaboration avec l’association Ecpat*, 99% des Français s’indignent du fait qu’un majeur ait des relations sexuelles avec un(e ) prostitué(e ) mineur(e ), lorsque cette personne a moins de 15 ans.  Pourtant, si le rejet de la prostitution enfantine demeure massif, la pratique n’étonne guère… Ainsi, près d’une personne interrogée sur deux déclare qu’il s’agit d’une pratique courante en France. Un tiers pense même que les personnes de 15-17 ans qui se prostituent en France le font, souvent ou parfois, par choix personnel. Pire, une minorité trouve plus acceptable d’avoir recours à une prostituée mineure si cette dernière affirme le faire de son plein gré( 9%),  prétend être majeure (14%) ou a une attitude racoleuse (5%).

Trop loin, l’exploitation indiffère

Près d’un Français sur cinq ne se dit pas choqué par le tourisme sexuel des mineurs dans les pays pauvres en invoquant que la prostitution dépend du contexte culturel du pays. Ils considèrent aussi que la prostitution des enfants d’Afrique et d’Asie est une nécessité sans laquelle leurs familles ne pourraient pas subvenir.

Trop proche, la prostitution est tabou

Si l’une de leurs connaissances pratiquait le tourisme sexuel, moins d’un Français sur trois le dénoncerait à la police ou à une association. Plus de la moitié préfèrerait en discuter avec la personne concernée ou ne rien faire, estimant pour 13% d’entre eux, que cela ne les regarde pas.

La faute à qui ?

Selon les sondés, la profusion et la facilité d’accès à des images pédopornographiques sur Internet, ainsi que les moyens limités dont disposent les pouvoirs publics en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants contribuent  à la banalisation de la prostitution des mineurs. Pourtant 94 % des Français savent que le téléchargement et la possession d’images pornographiques mettant en scène des moins de 18 ans est passible de prison.

* Ecpat (End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes)

Source : Sondage exclusif Ipsos / Ecpat réalisé auprès d’un échantillon national représentatif de 933 Français âgés de 18 ans et plus (méthode des quotas: sexe, âge, profession du chef de famille, région et catégorie d’agglomération), interrogés par téléphone les 22 et 23 octobre 2010.

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