Une étude* conduite par des médecins danois et français montre que la prise régulière d’antalgiques pendant la grossesse entraînerait une anomalie de la descente des testicules chez les enfants mâles. Pourquoi la prise d’antalgique pendant la grossesse est-elle déconseillée ? Explication.

Une enquête danoise menée  par l’équipe du Dr Henrik Leffers révèle que la consommation de deux antidouleurs en continu pendant plus de deux semaines au cours du second trimestre de la grossesse comporterait des risques pour le nourrisson. Il s’avère, en effet, que les femmes enceintes ayant suivi ce régime médicamenteux ont sept fois plus de risques de donner naissance à des petits garçons souffrant de cryptorchidie. Paracétamol, ibuprofène et aspirine seraient donc à l’origine de cette anomalie de la descente des testicules.
D’autres travaux, dirigés par les chercheurs français de l’Inserm sur des rats, montrent que les antalgiques légers entraînaient un ralentissement de la production de testostérone pendant la gestation. Or, la formation des organes sexuels mâles se réalise à cette période. Néanmoins, « cette étude met en évidence une association, pas un lien de cause à effet », souligne le Dr Jégou. Autrement dit, les raisons pour lesquelles ces femmes ont pris ce type de médicaments pourraient aussi jouer un rôle.

Un syndrome de plus en plus fréquent

Ces dernières années, près de 9% des nouveaux-nés des pays développés ont été atteints de cryptorchidie. En 1960,  ils n’étaient que 2%. Cette évolution du syndrome, qui est l’une des causes d’infertilité et de cancer à l’âge adulte,  pourrait trouver son explication dans divers facteurs environnementaux et comportementaux. Par mesure de précaution, les médecins recommandent toutefois aux femmes enceintes d’éviter la prise d’antalgique, même doux, et réclament que ces produits soient annotés de plus sérieuses précautions d’emploi. Selon le Dr Jégou, ne reste maintenant qu’« à mener d’autres études afin de vérifier cette hypothèse ».

Source : *Etude publiée dans la revue Human Production et menée conjointement par des chercheurs danois sur un groupe de 834 femmes enceintes et leurs garçons et par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) de l’Université française de Rennes sur des rats.

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