Une enquête réalisée par la DREES* montre que le taux d’enfants touchés par l’obésité et le surpoids est en baisse de 16% depuis la mise en place du Programme national nutrition sante (PNNS). Mais est-ce la seule explication ?


Que les parents français se rassurent ! Une enquête** menée par la DRESS montre que la prévalence de l’obésité et du surpoids est en net recul chez les 5-6 ans. Ainsi entre 1999-2000 et 2005-2006, le taux d’enfants souffrant de surcharges pondérales enregistre une baisse de 16%. Pour expliquer cette nouvelle encourageante, le ministère de la Santé met en avant l’efficacité du PNNS qui promeut à coup de campagnes publicitaires massives des repères nutritionnels, notamment pour les petits.
Seuls bémols, on relève des résultats disparates au niveau social et régional. Par exemple, la diminution reste moindre dans les familles défavorisées ou vivant dans le midi, le Nord et l’Est de la France. Autre facteur à prendre en considération : la sédentarité. Selon les services de Roselyne Bachelot, les enfants assis devant un écran pendant plus d’une heure par jour ont 30% de risques supplémentaires d’avoir des problèmes de poids.

* Direction recherche, études, évaluations statistiques
**Enquête menée par DREES en 2005-2006 qui portait sur 23.365 enfants scolarisés en grande section de maternelle dans 3459 écoles réparties dans toute la France dans les mêmes conditions qu’en 1999-2000.

3 questions à Laurence Haurat, psychologue, nutritionniste et auteur de « Libérons l’assiette de nos enfants » avec Laura Annaert, aux Éditions La Martinière.

-Selon vous, à quoi est due la baisse de l’obésité infantile ?
L’obésité est une maladie pluri-factorielle. Elle est donc à considérer avec les facteurs sociaux et psychologiques. On peut faire des suppositions mais pour établir un diagnostic sérieux, il faudrait que cette baisse soit pérenne. De plus, dire que l’obésité infantile diminue va contre la théorie du Dr Tounian (pédiatre et auteur du livre « Obésité infantile, on fait fausse route ») selon laquelle il s’agirait d’une maladie génétique. Néanmoins, cette baisse pourrait s’expliquer par le fait que les produits alimentaires eux-mêmes se sont améliorés. Dans les rayons, on voit de plus en plus de produits à teneur réduite en sel, en sucre, en matière grasse. Les industriels ont bien intégré que les consommateurs cherchaient des produits plus sains.

-Le Plan National nutrition Santé (PNNS) mis en place par le Ministère de la Santé a-t-il contribué au recul de l’obésité chez les enfants ?
Il est clair que les campagnes de la PNNS sont beaucoup plus nombreuses, elles ont donc plus d’impact dans les foyers. Mais là encore, on remarque que les campagnes publicitaires sont mieux assimilées dans les familles les plus aisées car elles sont mieux perçues et mieux expliquées peut-être. Quant aux Semaines du Goût dans les écoles, elles sont efficaces dans le sens où elles donnent envie aux enfants de goûter et leur inculquent la notion de plaisir alimentaire. Un enfant qui a une alimentation diversifiée est un enfant qui est davantage capable de répondre à ses besoins et donc moins soumis au risque de surpoids.

-Peut-on dire qu’il y a eu une réelle prise de conscience des parents ?
D’après ce que je constate dans mon cabinet, les parents sont plus préoccupés qu’avant par l’alimentation et les problèmes de poids de leurs enfants mais ils sont aussi complètement perdus. Je ne suis pas certaine que cette prise de conscience se traduise en acte. Par exemple, beaucoup ont intégré qu’il faut donner un produit laitier à chaque repas. Du coup, ils donnent à leurs enfants du fromage ainsi qu’une crème au chocolat, qui est pour eux le dessert. Résultat : l’alimentation est trop riche.

Publicités