Le rapport au corps d’une femme obèse de moins de trente ans influence sa sexualité, tant dans le choix de ses partenaires que dans sa contraception. Une étude de l’Inserm, parue en juin, révèle un taux de grossesses non désirées et d’avortements quatre fois supérieur aux femmes du même âge et de poids normal. La peur de la consultation chez le médecin expliquerait le recourt à des techniques moins efficaces tel que le retrait.


La rencontre d’un partenaire se corse en situation de surpoids. Un rapport* de l’Inserm affirme que 67% des femmes obèses choisissent un homme de corpulence similaire. Malgré une activité sexuelle et une satisfaction égales à celle des autres femmes, la sexualité n’est pas considérée comme primordiale pour l’équilibre au sein du couple en surpoids.

Une contraception aléatoire

Internet où elles sont trois fois plus nombreuses à faire des rencontres, leur procure une identité virtuelle sans honte ni gêne. Embarrassées par leurs corps, ces femmes appréhendent la nudité lors des visites médicales. Elles se résignent alors davantage à des techniques de contraceptions moins fiables, et présentent quatre fois plus de risques de grossesses non désirées et d’avortements.
Nathalie Bajos, qui a dirigé cette étude, explique ce comportement par une forte pression sociale et une faible estime de soi qui les stigmatisent dans la société.

* Étude dirigée par Nathalie Bajos, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et publiée mardi 15 juin sur le site Internet du British Medical Journal.

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