Et si avoir sa mère au téléphone était un antistress naturel ? Pour la première fois, des chercheurs américains ont pu, au moyen d’un dosage hormonal, mesurer le rôle joué par la voix maternelle sur l’atténuation du stress chez l’enfant. Leurs conclusions révèlent que la voix de la mère a sur celui-ci les mêmes vertus anti-stress qu’un contact physique.


Pour un enfant en situation de stress, faire un câlin à sa maman après une vive émotion est un excellent remède. La présence maternelle chaleureuse et réconfortante apaise l’enfant. Biologiquement, cela se traduit par la sécrétion d’une hormone anti-stress, l’ocytocine qui vient abaisser le taux de cortisol, l’hormone du stress. Jusqu’aux récentes recherches de Leslie Seltzer, une biologiste américaine, on pensait que la présence et le contact physiques étaient nécessaires pour libérer de l’ocytocine. Or, il semblerait que la voix provoque le même mécanisme hormonal.

La recherche

Menée auprès de soixante fillettes âgées de 7 à 12 ans, l’étude a placé les enfants dans une situation stressante susceptible de provoquer une forte sécrétion de cortisol. Devant un public d’adultes, elles devaient se présenter et réaliser à voix haute des exercices de mathématiques. Puis, elles ont été séparées en trois groupes. Les unes ont vu leurs mères qui les ont réconfortées et câlinées, les autres ont eu un échange téléphonique avec leurs mamans. Quant aux fillettes du troisième groupe, elles ont regardé un film et n’ont pas eu de contact avec leurs mères.
Les résultats sont probants : les fillettes ont eu la même réponse hormonale qu’elles aient été en contact direct ou téléphonique avec leurs mères. Les petites filles des deux premiers groupes ont produit la même quantité d’ocytocine. Celles du troisième groupe n’ont pas secrété l’hormone anti-stress.

Cette recherche est une véritable avancée dans la compréhension des mécanismes hormonaux et réaffirme au passage la puissance du langage humain.

Publicités