Une récente étude, publiée dans la revue Science en avril, révèle les limites de notre cerveau. Pour Etienne Koechlin et Sylvain Charron, les deux chercheurs français à l’origine de la recherche, le cerveau humain éprouverait des difficultés à cordonner, simultanément, plus de deux actions.


Deux chercheurs de l’Inserm, Etienne Koechlin et Sylvain Charron, ont observé, à l’aide d’une IRM, l’activité des cortex de 32 étudiants. Leur étude leur a permis de progresser dans la compréhension des mécanismes neurologiques à l’œuvre dans l’exécution d’une ou de plusieurs tâches : à l’heure où la polyvalence règne en maître, notre cerveau ne pourrait faire que deux choses à la fois.

La recherche

Face à un écran, les volontaires devaient classer, dès qu’elles apparaissaient, les lettres minuscules, d’un côté, et les majuscules, de l’autre. Jusque-là pas de difficultés. Mais l’introduction d’une troisième tâche (procéder au même classement tout en appariant les lettres selon leurs couleurs) a fait chuter les performances de réussite : les temps de réaction ont été plus longs et les erreurs plus nombreuses.

Les conclusions

À la lecture de l’article de Koechlin et Charron, on comprend qu’exécuter une seule tâche, comme faire ses devoirs par exemple, mobiliserait les zones frontales des deux hémisphères du cerveau. En menant deux activités en parallèle, comme faire ses devoirs en surfant sur le net, chacun des hémisphères prendrait en charge exclusivement une seule des deux tâches. Au même moment, dans la partie la plus antérieure du cortex, juste derrière le front, une zone viendrait s’activer pour coordonner les deux tâches afin qu’elle soit menée successivement. En revanche l’arrivée d’une troisième tâche affecterait la coordination et génèrerait des erreurs. En résumé, pour un cerveau efficace mieux vaut sérier les activités. Autrement dit, ne pas faire ses devoirs, surfer sur le net et échanger des sms en même temps.

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