La revue américaine Pediatrics publiait jeudi 3 décembre 2009 une étude consacrée aux relations parents-adolescents. C’est en particulier les échanges autour de la sexualité des enfants qui ont été passés à la loupe. Il en ressort que, lorsque les parents se décident à aborder le sujet, il est bien souvent trop tard.


141 adolescents américains de 13 à 17 ans et leurs parents ont été suivis pendant une année par les équipes du chef de service en pédiatrie à Boston, Mark Schuster. Ils se sont prêtés à une étude sur la communication parents-enfants dans le domaine de la sexualité des adolescents. Le Dr Schuster conclut que la majorité des parents attendent trop longtemps pour parler de sexualité à leurs enfants.

Des parents en retard


Les chiffres qui ressortent de cette étude parlent d’eux-mêmes. Au cours de l’année étudiée, 40% des garçons et 46% des filles ont eu des rapports sexuels avant même que leurs parents n’aient abordé le sujet d’une quelconque façon.
40% des enfants ont eu des relations sexuelles en ayant auparavant discuté avec leurs parents de sentiments amoureux. Mais, sans avoir pour autant abordé la question de la contraception ou des infections sexuellement transmissibles.
Le décalage entre parents et adolescent reste toujours ostensiblement présent. Effectivement, dans 40% des cas rencontrés, les parents avancent la question sous l’angle de l’abstinence quand leurs enfants ont d’ores et déjà franchi le pas.

Un thème récurrent

Le Dr Schuster défend âprement ces échanges parents-enfants. Il y voit des effets prophylactiques. Les enfants avec qui les parents discutent de sexualité auraient tendance à retarder leur première expérience. Mais aussi à être plus conscients des dangers inhérents à la vie sexuelle.
Selon lui, il ne faut pas attendre le collège pour en parler aux enfants mais répondre à leurs interrogations dès qu’ils demandent comment on fait les bébés. De plus, la question deviendrait trop conflictuelle quand l’enfant envisage lui-même d’avoir des rapports sexuels. Le Dr Schuster rappelle que faire de la sexualité un sujet courant donne aux parents plus de chances de faire passer leur message correctement.

Toutefois cette étude comporte un bémol ; les chiffres des échanges parents-enfants seraient surestimés. En effet, les 141 familles se sont portées volontaires et appartiennent à la classe aisée de la société américaine.

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