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Dix ans après le lancement de la pilule du lendemain, le laboratoire HRA Pharma revient avec une pilule capable d’agir cinq jours après le dernier rapport sexuel. Son nom : Ella One…

Efficacité jusqu’à cinq jours

L’actuelle pilule du lendemain, la Norlevo, est un contraceptif « d’urgence ». Ella One, comme sa petite sœur (la Norlevo) est réservée à un usage exceptionnel en cas d’échec d’une méthode contraceptive. Elle agit sur les récepteurs de la progestérone, interfère avec l’ovulation et modifie la muqueuse utérine, empêchant ainsi le début d’une grossesse non désirée. Les études précliniques montrent que l’efficacité de la pilule du lendemain tombe à moins de 60% dans les 72 h tandis qu’ Ella One reste efficace à plus de 95% dans les cinq jours après un rapport sexuel à risque, soit la durée de vie des spermatozoïdes.

Une pilule chère et sur ordonnance

Norlevo doit surtout son succès à son accessibilité : délivrable sans prescription médicale mais remboursée sur ordonnance, elle reste gratuite pour les mineures et disponible dans les infirmeries scolaires et les pharmacies. Or, la pilule du surlendemain, elle, n’est disponible que sur ordonnance. Cela influe-t-il sur les patientes ? Oui, car sur le million de Norlevo vendu en 2008, seule une faible proportion l’a été avec une ordonnance. Néanmoins, le laboratoire HRA pharma bataille auprès des instances sanitaires pour instaurer un dispositif de remboursement dès 2010. Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le planning familial, assure que si la pilule n’est pas remboursée, il y aura « deux méthodes orales de contraception, dont l’une sera plus efficace, mais accessible seulement aux femmes majeures et aisées. » En effet, le prix d’Ella One se situerait aux alentours de 30 euros contre 7,60 euros pour la Norlevo.

Le progrès engendre-t-il des progrès ?

Dix ans après l’arrivée de la pilule du lendemain, le taux d’avortement s’est certes stabilisé depuis 2002, mais reste important (environ 210 000 par an). Elisabeth Aubeny, gynécologue et présidente de l’association française pour la contraception, souligne que « tout ce qui peut faire diminuer le nombre d’IVG est bon à prendre. Les anti-IVG devraient donc être les premiers à se réjouir de l’arrivée de ce produit dont on sait qu’il sera surtout utilisé par les femmes qui ont eu une relation occasionnelle.» Mais l’unanimité est toute relative, l’association de l’alliance pour les droits de la vie, dénonçant une banalisation de l’avortement : « on est en train de cacher aux femmes » que la pilule Ella One, qu’on présente aux femmes comme contraceptif, « a également comme impact de supprimer des vies déjà conçues. Ce médicament arrive en France ce jeudi 1er octobre, mais l’Allemagne et le Royaume-Uni sont également preneurs. D’autres pays (comme la Belgique) devraient bientôt suivre.

Dernière minute ! Contraceptive ou abortive ?

Le président de l’Alliance pour les Droits de la Vie vient de saisir officiellement l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).
D’après les résultats des études précliniques, il semble que la nouvelle molécule utilisée, l’ulipristal, ait un effet antinidatoire chez l’animal, provoquant la destruction de l’embryon déjà conçu. La pilule serait donc abortive, et non plus contraceptive comme l’indique le laboratoire. Dans la lettre recommandée adressée à son directeur général, Monsieur Jean Marimbert, le docteur Xavier Mirabel estime « urgent que l’AFSSAPS précise l’action de ce produit et fasse connaître sa position aux femmes susceptibles d’y recourir », conformément aux « missions d’évaluation des médicaments et d’information du public » dévolues à cet organisme.

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