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La journée du jeudi 1er octobre a vu le lancement d’un mois de campagne de dépistage du cancer du sein avec la cinquième édition d’Octobre Rose. Cette année, l’accent sera mis sur les blocages psychologiques des femmes à aller se faire dépister. Une attitude hypothéquant sérieusement les chances de guérison en cas de maladie…
Le docteur Jean-Yves Pierga, médecin-oncologue à l’institut Curie de Paris, nous éclaire sur ce moment particulier qu’est la mammographie.

PsychoEnfants : Comment expliquez-vous la réticence de beaucoup de femmes à aller pratiquer un dépistage du cancer du sein ?
Jean-Yves Pierga : Je pense que c’est principalement lié à la peur de diagnostiquer la maladie. Le spectre de la mort est paralysant et pourtant le comportement rationnel serait justement d’aller se faire dépister régulièrement. En effet, plus le cancer est dépisté tôt, plus les chances de le soigner sont élevées.

PsychoEnfants : Certaines femmes parlent d’un examen traumatisant à la fois sur le plan physique et psychologique… Comment rendre plus acceptable une mammographie ?
Jean-Yves Pierga : Il y a évidemment deux aspects traumatisants dans une mammographie : l’un est lié à la pudeur et l’autre à la douleur. Sur le premier aspect, nous pouvons envisager des améliorations en permettant par exemple aux patientes de se couvrir les épaules et en établissant un dialogue avec elles.
Par contre, concernant l’examen du sein, à proprement parler, l’évolution se fait avant tout sur la qualité de l’image observée. Il nous arrive de compléter le diagnostique en procédant à une échographie ou une IRM (imagerie à résonance magnétique, ndlr) mais nous ne pouvons pas nous passer de la mammographie. C’est une excellente technique ayant l’énorme avantage de dépister le cancer du sein dès qu’il se développe, ce qui est parfaitement inenvisageable pour d’autres types de cancers.

PsychoEnfants : De manière générale, comment les femmes réagissent-elles en apprenant qu’elles développent un cancer du sein ?
Jean-Yves Pierga : Il n’y a pas de généralités. Les réactions peuvent être très différentes. Cela dépend de plusieurs facteurs. La situation familiale, la situation sociale, l’âge, la problématique de la maternité, la question du couple mais aussi l’image qu’elles ont du cancer du sein sont uniques chez chaque patiente.
Certaines femmes éprouvent un sentiment de culpabilité car elles cherchent à comprendre ce qu’elles ont, ou n’ont pas fait, pour empêcher la survenue de ce cancer. Ont-elles mangé assez sainement, sont-elles allées se faire dépister assez souvent… ? Il faut qu’elles sachent qu’il n’y a pas de règles et que le cancer du sein peut survenir dans l’année qui sépare deux mammographies en étant déjà à un stade avancé.
Par ailleurs, on observe généralement un sentiment d’injustice chez les femmes qui s’astreignent à un dépistage régulier. Celui-ci survient car les patientes confondent souvent le dépistage avec le traitement. Mais la mammographie n’est pas curative, elle vient en amont et est là pour déclencher le traitement, dès que la maladie se déclare.

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